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Voix du
Mercure Galant

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Les « Voix du Mercure galant » sont nées d’un pari et d’une expérience.

Réseau social avant l’heure, le Mercure galant, mensuel fondé par J. Donneau de Visé en 1672, s’est nourri de l’activité des « ruelles » puis des salons de la fin du XVIIe siècle, lieux de sociabilité déterminants pour la production littéraire et musicale. Les textes publiés dans le Mercure galant sont aujourd’hui étudiés, notamment sous l’angle de la galanterie. Les airs font eux aussi l’objet d’analyses sérielles ou spécifiques. Cependant, l’ensemble de cette production reste muette. Les airs demeurent peu connus du public et des musiciens, les textes sont presque toujours appréhendés à partir d’une lecture silencieuse. Or la plupart d’entre eux étaient destinés à la lecture à haute voix, certains étaient conçus oralement et beaucoup étaient même rédigés collectivement. Rendre ces textes et ces musiques à leur nature sonore leur restitue une dimension sensible, qui modifie la perception que nous en avons. Le pari consiste donc à nous donner collectivement les moyens d’écouter des extraits du Mercure galant et, au-delà du plaisir sonore, de réinterroger ces textes et ces musiques à l’aune d’une perception modifiée par l’écoute. L’approche génétique, comme l’analyse de la valeur, l’étude de la réception ou encore la réflexion sur les phénomènes de réemploi, pourraient s’en trouver modifiées.

L’expérience collective du confinement, qui compromet la vitalité de l’activité artistique et bouleverse le rapport à soi et aux autres, a été l’occasion de lancer une expérience participative. « Le Mercure confiné », expérimentation scientifique, artistique et ludique, a invité musiciens, comédiens, lecteurs, amateurs et professionnels, passionnés du XVIIe siècle ou simples curieux, à lire, déclamer, chanter, jouer les airs, les fables, les histoires galantes, les lettres, les nouvelles qui composent le Mercure galant, avec les moyens artistiques et techniques très limités qui sont les nôtres actuellement, pour partager, malgré l’isolement, ces interprétations, et faire ainsi écho au salon dématérialisé qu’a été le Mercure galant.

Le site Voix du Mercure galant publie ces premières contributions et poursuit l’aventure, dans des conditions qu’on espère meilleures. Une fois retrouvés sa basse continue, son souffle ou ses compagnons de musique, des séances d’enregistrements seront proposées à ceux qui le souhaiteront, notamment aux étudiants et aux élèves des conservatoires. La rubrique ‘récitation’ s’adresse spécialement aux enfants ; les instrumentistes peuvent aussi interpréter les succès du temps évoqués dans le Mercure galant, les chanteurs proposer d’autres airs contemporains.

Vous êtes collectivement invités à participer !

Pour accompagner les Voix du Mercure galant dans leur découverte de ces objets virtuellement sonores, le programme Mercure galant de l’IReMus (Institut de recherche en musicologie, CNRS) met à disposition des ressources numériques issues de l’édition parisienne du Mercure galant, édition également accessible sur Gallica :

Une édition en TEI, publiée par l’OBVIL, des articles relatifs à la littérature, à la musique et à la vie artistique, enrichie des planches publiés dans le périodique : 737 airs en fac-similés et bientôt, 474 estampes,

Une édition moderne, en cours, des partitions.

S’y ajouteront bientôt une indexation fine des articles sur la musique et les spectacles, qui s’appuiera sur un vaste ‘référentiel’ de l’Ancien Régime entièrement interopérable.

À ce jour, la fouille du texte en accès libre est limitée. Toutefois, l’équipe « Mercure galant » de l’IReMus peut vous aider dans la recherche d’informations, de textes ou de musiques, en fac-similés ou en notation moderne.

Contact : mercure.galant.2020@gmail.com